28.01.2007
Rachid Arhab : « Je ne vais pas commencer une carrière d’alibi »
Le journaliste a été nommé au Conseil supérieur de l'audiovisuel
Propos recueillis par Gaël Lombart
AFP
Considérez-vous que votre nomination est politique ?
Non, professionnelle. On me l’a présentée ainsi.
On m’a nommé en tant que journaliste professionnel, pouvant revendiquer un parcours droit, intègre.
Je ne connais que cette raison-là.
On peut aller chercher dans ma carrière de bientôt trente ans : on n’y trouvera aucune tâche.
Alors, ce n’est pas à mon âge que je vais commencer une carrière d’alibi.
Avez-vous été surpris par certaines réactions dans la presse à votre nomination ?
Les réactions sont variées, ça dépend des médias.
Ayant toujours été attaché à la liberté de la presse, je ne vais pas me mettre à juger mes confrères sur leurs commentaires.
De plus, ma nouvelle fonction implique une obligation de réserve.
Je ne veux pas polémiquer.
Je demande simplement qu’on me juge sur les faits.
Vous ne vous êtes jamais vraiment affirmé comme quelqu’un de gauche…
Non. Lors de mon émission le dimanche, certains me disaient « on voit bien que vous êtes de gauche » et d’autres : « on voit bien que vous êtes de droite ».
C’est le plus beau compliment que l’on puisse faire à un journaliste.
Ce que je trouve drôle, ou plutôt surréaliste, c’est que, parmi ceux qui m’accusent d’être à gauche, plusieurs sont eux-mêmes à gauche.
Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter ?
La seule chose qui m’intéresse, c’est de pouvoir prendre du recul.
Je me pose beaucoup de questions sur mon métier.
Le journalisme, c’est la seule profession où l’on s’autorégule.
Nous n’avons pas de débat.
C’est bien de pouvoir prendre de la distance, de débattre avec d’autres représentants de la société.
Quand on est dans l’action, on n’a pas de recul.
Il y a une telle évolution dans ce métier, surtout de la télévision, avec les nouvelles technologies, que le contenant a tendance à diriger le contenu.
J’avais envie de participer à une vraie réflexion, plutôt que de courir.
La télévision, c’est donc en suspens…
C’est obligatoire pendant les six ans du mandat plus une année.
C’est la seule chose vraiment difficile.
Mais je ne coupe pas les ponts avec mes confrères.
D’ailleurs, j’aurai peut-être davantage de temps à leur consacrer maintenant…
16:25 Publié dans C S A | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





